
Introduction
Avec 87% du territoire français considéré comme médicalement sous-doté, l’accès aux soins s’est imposé comme l’une des préoccupations principales de la population française. Les difficultés rencontrées touchent particulièrement l’accès aux soins primaires, ce qui s’illustre par les 6 millions de français sans médecin traitant en 2021.
Cette réalité est à mettre en lien avec plusieurs données démographiques. D’un côté un vieillissement de la population et une augmentation des pathologies chroniques, majorant les besoins de soins, et de l’autre la diminution du nombre de médecins généralistes en exercice associée à la baisse de l’exercice libéral, non compensée par le salariat en soins primaires.
Ce dernier point relatif au mode d’exercice invite à questionner le rôle et la réalité des pratiques propres aux médecins diplômés en médecine générale dans le système de santé. Exercice hospitalier, soins médico-sociaux, exercices particuliers, etc. Le diplôme de médecine générale s’apparente aujourd’hui davantage à une porte ouverte vers un exercice d’omnipraticien polyvalent, diversifiant sa pratique pour répondre aux besoins des différents acteurs, plutôt qu’à une orientation stricte et unique vers le rôle de médecin traitant, essentiel pour garantir des soins primaires à l’ensemble de la population.
A cela s’ajoutent aussi des questions relatives au nombre de médecins formés, toujours limité par les capacités de formation universitaire, mais également entravé par l’abandonnisme dans les études médicales, phénomène trop souvent invisibilisé et estimé à 10% des étudiants.
Fort de ces constats, ce document de propositions vise à étudier les facteurs influençant les médecins généralistes décidant de faire le choix de l’installation en tant que médecin traitant ainsi que les facteurs pouvant influencer le lieu de leur installation. Il s’agit avant tout d’enrichir les données issues de la dernière enquête réalisée en 2019 par la commission jeunes médecins de l’Ordre des médecins, par une revue de la littérature actuelle, afin d’éclairer au mieux les décisions politiques ultérieures éventuelles.

