Nos propositions pour améliorer l’accès aux soins

1 août 2023 | Nos propositions

[Extrait du document de proposition, à retrouver en intégralité en cliquant ici ]

La problématique des déserts médicaux s’inscrit dans un contexte de pénurie médicale lié au numérus clausus instauré en 1971, limitant le nombre de médecins formés, et à la majoration des besoins de santé dans un contexte de vieillissement de la population et  d’augmentation des pathologies chroniques. Si nous n’avons jamais eu autant de médecins qu’aujourd’hui, nous faisons face à une pénurie de médecins généralistes et notamment de médecins traitants, dont le nombre est en chute libre. La question n’est donc pas celle de l’inégalité territoriale, mais celle du nombre de médecins généralistes de ville.

Ce constat est étayé par l’ensemble des études menées sur ce sujet, amenant à une conclusion unanime : la régulation à l’installation n’est pas une solution.

Pire, elle est  contre productive et pénalise la population en interdisant des installations dans des territoires pourtant loin d’être sur-dotés… Pour preuve les articles de presse locale qui relaient régulièrement les difficultés d’accès aux soins des habitants de zones non considérées comme sous-dotées, y compris dans des villes réputées, à tort, comme sur-dotées (Nice, Nantes, La Baule, Le Havre, etc.)

Quelques données : 

  • La DREES souligne que dans un contexte d’effectif insuffisant, limiter les installations dans les zones mieux dotées ne suffirait pas à la couverture des besoins dans les zones moins attractives (p.43) ;
  • L’IRDES explique que la régulation à l’installation n’est pas la solution au vu de la dynamique démographique des médecins et du risque de contournement par d’autres modes d’exercice ;
  • L’assurance maladie montre que les médecins généralistes sont déjà les professionnels de santé les mieux répartis sur le territoire, même sans mesure de régulation (p.51) ;
  • Le Sénat rapportait déjà en 2017 que la régulation mise en place en Allemagne avait contribué à détourner les médecins vers d’autres modes d’exercice (p.74) ;
  • Régulièrement, la situation du Québec ayant mis en place un tel système est mise en avant comme un exemple, alors que les retours récents s’opposent clairement à ces conclusions hâtives.

L’opposition des médecins à ces mesures de régulation n’est donc pas une volonté de protéger un privilège, mais une détermination à empêcher d’aggraver une situation déjà catastrophique.

Ce n’est pas par une solution miracle que nous pourrons améliorer l’accès aux soins, mais bien par une stratégie globale mobilisant différents leviers. C’est le sens de nos propositions que nous vous invitons à découvrir.

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