Proposition de loi Valletoux : quand le dogme de la régulation menace l’accès aux soins

8 juin 2023 | Communiqués de presse

Ce début de semaine, la proposition de loi du député Valletoux visant à améliorer l’accès aux soins par l’engagement des professionnels a été examinée en commission des affaires sociales de l’Assemblée Nationale.

Débats superficiels, méconnaissance du terrain, volonté systématique de contraindre, dévalorisation de l’engagement des médecins libéraux, amendements cosmétiques ne répondant pas à l’urgence de la situation : alors que les difficultés sont de plus en plus prégnantes pour la population, l’ANEMF, représentant les étudiants en médecine, l’ISNAR-IMG représentant les internes en médecine générale et ReAGJIR représentant les jeunes médecins généralistes, tirent la sonnette d’alarme.

Faute d’idées pour améliorer rapidement et efficacement l’accès aux soins de la population, nombreux sont les élus tentés de glisser vers une régulation à l’installation des médecins. Présentée par certains comme un remède à une carence médicale attestée, nous rappelons qu’il s’agit d’une chimère qui pénaliserait la population en interdisant des installations potentielles, alors que celles-ci se raréfient déjà au profit d’autres modes d’exercice plus lucratifs et moins contraignants.

Loin d’être une lubie corporatiste, cet avis est étayé par des données unanimes :

Pourtant, de vraies solutions existent :

  • Libérer immédiatement du temps médical : des milliers de consultations supplémentaires pour soigner plutôt que de répondre à des demandes administratives superflues ;
    (Collège de la Médecine Générale certificats-absurdes.fr)
  • Améliorer les conditions de travail des médecins en zone sous-dotée : organisation et financement du remplacement, accès facilité à la formation continue ;
  • Redonner de l’attractivité à l’exercice libéral dans le cadre des négociations conventionnelles dont la reprise est attendue par tous ;
  • Simplifier la coordination des acteurs et l’exercice d’équipe, et non contraindre à des collaborations forcées ;
  • Accompagner à l’installation, notamment avec le guichet unique adopté dans la loi de financement de la Sécurité Sociale 2023 et dont le déploiement doit désormais se faire avec les premiers concernés 4ISNAR-IMG et ReAGJIR, Guichet unique départemental d’accompagnement à l’installation : Proposition de recommandations, mars 2023.
  • Engager un véritable virage ambulatoire de la formation : valorisation de la maîtrise de stage, aides au transport et à l’hébergement des étudiants au sein des territoires 5ANEMF, ISNAR-IMG et ReAGJIR, Contre la fin de la liberté d’installation, jeunes et futurs médecins proposent des solutions, avril 2022.

Nous portons toutes ces propositions qui mobilisent les différents leviers nécessaires pour faciliter l’accès aux soins depuis des années, et nous continuerons à les porter par nos amendements à cette proposition de loi, notamment lors de la séance publique du 12 au 15 juin.

Sortons des prises de positions démagogiques !

Nous appelons les députés à un sursaut de lucidité : espérer améliorer l’accès aux soins par la contrainte sur ceux qui s’engagent déjà sur le terrain auprès des patients et aux côtés des autres soignants est illusoire.

Yaël THOMAS
Président de l’ANEMF

Raphaël PRESNEAU
Président de l’ISNAR-IMG

Elise FRAIH
Présidente de ReAGJIR


Notes et références

A propos de ReAGJIR

ReAGJIR est le Regroupement Autonome des Généralistes Jeunes Installés et Remplaçants en France. Créé en janvier 2008, ce syndicat regroupe et représente les médecins généralistes remplaçants, installés depuis moins de 5 ans (libéraux ou salariés) et les jeunes universitaires de médecine générale (chefs de clinique, maîtres de stage des universités, enseignants de médecine générale).

Fédération de syndicats régionaux, la structure accompagne et défend l'exercice du métier par ces trois types de professionnels et milite pour la construction d'un système de santé à l'image des jeunes généralistes : innovant, collaboratif, humain et solidaire.