Municipales : les jeunes médecins partagent leur  diagnostic 

3 février 2026 | Communiqués de presse

Paris, le 3 février 2026.

 A l’approche des élections municipales, de nombreux maires et  l’Association des Maires Ruraux de France ont déclaré dans la presse qu’ils souhaitaient  mettre la santé, sujet majeur de préoccupation des Français, au cœur des débats. En réalité,  c’est davantage la question de l’accès aux soins qui préoccupe la population. Récemment,  France Assos Santé a partagé 17 propositions d’actions à destination des maires en matière  d’accès aux soins, de prévention et de santé. ReAGJIR, le syndicat représentatif des jeunes  médecins généralistes, fait le point. 

Beaucoup de pression inutile sur les maires 

Tout d’abord, rappelons que l’accès aux soins n’est pas une prérogative des maires mais  de l’Etat. « L’Etat peine à remplir son rôle pour rétablir un meilleur accès aux soins. Les  maires se retrouvent en première ligne sur ce sujet. Ils sont proches de la population et faciles à interpeller quand on peine à trouver un médecin traitant. », explique le Dr Kilian  Thomas, président de ReAGJIR. La pression sur ces élus locaux est donc très forte. 

« Rajoutez par-dessus le contexte électoral, et vous verrez émerger des choses parfois  aberrantes même si l’intention est bonne. », déplore ReAGJIR.  

Le premier exemple qui vient à l’esprit du syndicat c’est la construction des maisons de  santé. Les élus font ou ont fait construire des locaux pour accueillir des professionnels de  santé « comme on fabriquerait des mangeoires à oiseaux ». Mais ces maisons restent  majoritairement vides, et font peser un poids important sur l’économie locale, à tel point  que certains maires laissent alors s’installer dans ces locaux estampillées « maison de  santé » des professionnels non médicaux, voire des charlatans.  

Mais pourquoi ces locaux restent-ils vides ? Parce que, bien souvent dans les observations  qu’a pu faire ReAGJIR, les projets sont sous-dimensionnés et inadaptés aux évolutions du  métier. Difficile donc pour un ou plusieurs jeune(s) médecin(s) de s’y projeter pour ses 35  prochaines années de vie professionnelle. Pour aller plus loin, ces locaux peuvent même  produire l’effet inverse et faire fuir de futurs installés : il est difficile pour le jeune médecin  de dire au maire qu’il ne s’y installera pas car l’endroit est inadapté mais fera en revanche  construire autre chose sur la même commune. Presque toujours, la mairie a emprunté des  sommes conséquentes et il lui faut son retour sur investissement. 

Quel rôle pour les élus locaux dans la santé ? 

Devant ce phénomène inquiétant, ReAGJIR s’est interrogé sur le rôle des mairies et des élus  locaux dans la santé en général et pas uniquement sur l’accès aux soins. Il est de bon ton  de rappeler que l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a travaillé à expliquer les  inégalités de santé. 5 grands facteurs sont mis en avant pour expliquer 90% de ces  inégalités. Le premier est l’inégalité financière (35%), le second la qualité du logement et  de l’environnement de vie (29%), le troisième le capital social et humain (en somme son  éducation et son environnement social), et vient seulement en quatrième position la  qualité du système de santé (10%, concernant l’accès financier, géographique, aux  différents services…), suivie des conditions de travail (7%). 

« Parmi tous ces facteurs, les mairies ont déjà fort à faire : réflexion sur l’urbanisme  (préservation d’espaces verts), qualité de l’eau (polluants), qualité de l’air, favorisation des  mobilités douces (pistes cyclables), favorisation de l’activité physique (financement des  associations sportives), qualité de l’alimentation (restauration collective), etc. », explique le  Dr Kilian Thomas.  

« Si les mairies veulent s’engager en plus dans l’accès aux soins, nous avons émis des  recommandations qui émanent de notre rapport sur les déterminants à l’installation des jeunes médecins généralistesPour résumer, le mot d’ordre c’est l’accompagnement des jeunes médecins, depuis leur troisième cycle d’étude à leur installation et même après.  Il leur faudrait une structure de référence – que nous appelons « guichet unique » – qui  permette de répondre aux questions, aux besoins à tous les niveaux, et surtout que les  personnes qui en font partie soient engagées dans le lien et dans le territoire. », conclut  le Dr Thomas.  

A propos de ReAGJIR

ReAGJIR est le Regroupement Autonome des Généralistes Jeunes Installés et Remplaçants en France. Créé en janvier 2008, ce syndicat regroupe et représente les médecins généralistes remplaçants, installés depuis moins de 5 ans (libéraux ou salariés) et les jeunes universitaires de médecine générale (chefs de clinique, maîtres de stage des universités, enseignants de médecine générale).

Fédération de syndicats régionaux, la structure accompagne et défend l'exercice du métier par ces trois types de professionnels et milite pour la construction d'un système de santé à l'image des jeunes généralistes : innovant, collaboratif, humain et solidaire.