Inquiétude et indignation des jeunes médecins généralistes : ni écoutés, ni considérés

6 février 2023 | Communiqués de presse

ReAGJIR appelle à la grève mardi 14 février

Négociations conventionnelles, propositions de loi coercitives, remise en cause du rôle primordial de coordination du médecin traitant : ReAGJIR, le syndicat représentatif des généralistes jeunes installés, remplaçants et universitaires, s’inquiète de l’avenir de la profession et appelle à la grève aux côtés des autres syndicats de médecins le mardi 14 février 2023.

Négociations conventionnelles : une revalorisation insuffisante et inégalitaire

La nouvelle convention doit être signée d’ici fin février entre les syndicats représentatifs des médecins et l’Assurance Maladie. Alors qu’il n’y a pas eu de revalorisation de la consultation depuis 2016, la CNAM a proposé de la majorer à 26.50 euros, soit une augmentation inférieure à l’inflation. L’accès à des cotations de consultations complexes serait conditionné à la signature d’un contrat d’engagement territorial du médecin, ajoutant une charge de travail supplémentaire à des médecins déjà débordés dans le contexte de pénurie médicale. ReAGJIR dénonce ce conflit entre missions de soin et missions de coordination, et l’inégalité introduite entre les médecins, pourtant tous déjà submergés par les besoins de santé.

Des propositions de loi coercitives pour des médecins bouc-émissaires

Plusieurs propositions de loi introduisant une régulation à l’installation et une limitation de la durée du remplacement viennent d’être déposées. Ces mesures coercitives, loin de pouvoir améliorer effectivement l’accès aux soins dans les territoires les plus touchés, ne tiennent pas compte des multiples solutions d’accès aux soins proposées depuis plusieurs années par les jeunes médecins, leur faisant payer des décennies de non-investissement dans la santé et l’enseignement supérieur. Pire encore, ces mesures s’avèreront sans aucun doute contre-productives en suscitant une véritable crise de l’attractivité pour un métier déjà en tension.

ReAGJIR dénonce et s’oppose à ces propositions démagogiques. Plutôt que d’utiliser les jeunes médecins comme bouc-émissaires, il est temps d’écouter et de mettre en pratique leurs solutions : travailler avec les territoires sans contraindre et libérer du temps médical en abolissant les missions administratives inutiles.

La proposition de loi Rist : déconstruction organisée du parcours de soin des patients

La proposition de loi Rist instaure un accès direct des patients aux infirmiers en pratique avancée (IPA), aux kinésithérapeutes ou aux orthophonistes dans le cadre des structures d’exercice coordonnée, incluant l’échelle des communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS). ReAGJIR n’est pas opposé au partage de tâches volontaire entre professionnels d’une même équipe se coordonnant autour du patient. Pourtant, nous avons alerté – en vain – sur le risque de désorganisation du parcours de soin du patient inhérent à cette proposition de loi qui confond l’échelle d’organisation territoriale des CPTS et celle de la coordination de proximité des équipes de soins primaires. S’il paraît souhaitable d’ouvrir la possibilité aux équipes de s’organiser comme elles le souhaitent en formalisant leur fonctionnement, l’échelle des CPTS ne permet pas une véritable coordination de proximité entre l’ensemble des membres.
Un amendement adopté par l’assemblée nationale propose de revenir sur la réforme du médecin traitant de 2004 qui attribuait au médecin généraliste le rôle de professionnel de premier recours avant adressage éventuel. Il témoigne, au mieux d’une méconnaissance, au pire d’un mépris profond pour la fonction de médecin traitant, garant et non verrou du parcours de soins, ce qui est inacceptable pour un texte prônant « la confiance aux professionnels de santé ».

Face au manque de considération, à la surcharge de travail, aux discours démagogiques qui pointent les médecins du doigt comme responsables de la dégradation de l’accès aux soins, ReAGJIR appelle à la grève ce 14 février.

Le navire prend l’eau, mais il est encore temps d’éviter le naufrage : prenons ensemble le bon cap pour sortir de cette tempête !

A propos de ReAGJIR

ReAGJIR est le Regroupement Autonome des Généralistes Jeunes Installés et Remplaçants en France. Créé en janvier 2008, ce syndicat regroupe et représente les médecins généralistes remplaçants, installés depuis moins de 5 ans (libéraux ou salariés) et les jeunes universitaires de médecine générale (chefs de clinique, maîtres de stage des universités, enseignants de médecine générale).

Fédération de syndicats régionaux, la structure accompagne et défend l'exercice du métier par ces trois types de professionnels et milite pour la construction d'un système de santé à l'image des jeunes généralistes : innovant, collaboratif, humain et solidaire.