Hygiène au cabinet
Le médecin répond à une responsabilité disciplinaire, civile et pénale en termes de gestion du risque infectieux au cabinet.
Les règles d’hygiène de base ont été définies par la HAS et des accords interprofessionnels :
- lavage de mains avec une solution hydroalcoolique et port de gants non poudrés pour les actes simples (stériles en cas de geste à haut niveau d’asepsie) ;
- vêtement de protection en cas de besoin ;
- entretien des surfaces souillées : nettoyage et désinfection à l’eau de javel à 2,6 % de chlore diluée au 1/10e ou avec un produit détergent-désinfection ;
- aération quotidienne et ventilation mécanique contrôlée (VMC) ;
- sol à revêtement lessivable non poreux ;
- 1 poubelle à déchets d’activité de soins à risque infectieux (DASRI) et 1 poubelle à objets piquants, coupants, tranchants (OPCT) ;
- mobilier à revêtement lessivable ;
- lavabo et serviettes à usage unique ;
- local destiné au linge sale et aux déchets.
Désinfection et stérilisation
La gestion des dispositifs médicaux (DM) varie selon le matériel et son usage. Dès que possible, choisir du matériel à usage unique.
En effet, le médecin est responsable par le code de déontologie médicale, art. 71 de « veiller à la décontamination et stérilisation des dispositifs médicaux qu’il utilise… il ne doit pas compromettre la qualité des soins et des actes médicaux ou la sécurité des personnes examinées ».
Autrement, voici comment nettoyer et stériliser votre matériel :
- les stéthoscope, brassard, marteau réflexe ou table d’examen sont dits DM non critiques et considérés à bas risque ; ils seront désinfectés simplement à la lingette ou par un produit détergent désinfectant sans aldéhyde ;
- les spéculums, pinces de Chéron… sont dits DM semi-critiques car au contact de muqueuse sans effraction ; la stérilisation doit être préférée à la désinfection car d’efficacité supérieure. La stérilisation à vapeur d’eau sous pression, à 134 °C pendant 18 minutes est la méthode de référence.
Ils doivent être homologués et référencés selon la norme « NF EN 554 », être capables d’emballer les objets après stérilisation (pour conserver la stérilisation dans de meilleures conditions : de 1 à 3 mois) et avoir une maintenance régulière.
Il est à noter cependant, que tout dispositif doit être nettoyé avant stérilisation. Pour cela, il doit tremper au minimum 15 minutes dans un bain détergent désinfectant sans aldéhyde, être rincé à l’eau claire et subir à nouveau un nettoyage avec le même bain détergent par exemple et une brosse, et être nettoyé de nouveau. Ensuite, il lui faudra un bon séchage avant de passer au stérilisateur.
Gestion des déchets d’activité de soins à risque infectieux (DASRI)
Le producteur de déchets d’activité de soins à risque infectieux (DASRI) est responsable de leur élimination.
On considère comme DASRI tout objet coupant, tranchant, piquant (OPCT) ou objet « mou » souillé de sang ou de liquide biologique.
Les OPCT doivent être placés dans des containers rigides spécifiques définis par la norme AFNOR X 30-500, sans être remplis à ras bord.
Les objets « mous » doivent être placés dans des sacs étanches ou emballages étanches et rigides à usage unique.
Si la quantité produite de déchets n’excède pas 5 kilogrammes, le délai maximal autorisé de retrait est de 3 mois. Au-delà, il est de 7 jours.
Le médecin peut se rapprocher de la mairie ou d’une entreprise privée. Il doit réclamer le bon de prise en charge et un bordereau de suivi (Cerfa n° 11352-01 avec identification du médecin et du collecteur ; des modalités d’élimination), attestant de la traçabilité et de la bonne élimination des déchets. Il doit garder le document 3 ans.
Les draps d’examen non souillés, les papiers et autres emballages sont considérés comme des ordures ménagères et donc placés dans un container classique.
Impacts environnementaux des déchets d’activité de soin
Les activités de soins génèrent beaucoup de déchets, notamment plastiques (rarement recyclables) ainsi que les médicaments dont les impacts délétères sur l’environnement ne peuvent plus être ignorés. C’est pourquoi la priorité aujourd’hui concernant la gestion des déchets est de réduire leur nombre, notamment en limitant strictement l’usage de matériel à usage unique. Ces préoccupations commencent à être portées par les pouvoirs publics.
En pratique, retenez que les activités de soins en médecine générale ne génèrent quasiment pas de déchets d’activité de soins à risque infectieux (DASRI). Sauf exception, seuls les dispositifs médicaux coupants ou tranchants souillés sont concernés (seringues, aiguilles de suture, bistouris).
Pour vous aider à améliorer la gestion de vos déchets, le groupe de travail santé planétaire du Collège de la médecine générale (CMG) recommande le site Doc’Durable. Vous pouvez également vous inspirer du travail du groupe développement durable de la Société Française d’Anesthésie Réanimation (SFAR) sur la gestion des déchets au bloc opératoire.

