Porté par Jean-Paul Delevoye, Haut-Commissaire aux retraites, le rapport Préconisations pour la mise en place d’un système universel de retraite est sorti mi-juillet. Cette réforme des retraites est très décriée, entre autres par les syndicats de médecins libéraux. Ils ont d’ailleurs appelé à une mobilisation nationale lundi prochain, en incitant les médecins à fermer leur cabinet ce jour-là pour venir manifester. ReAGJIR, le syndicat qui rassemble et représente les jeunes généralistes (remplaçants, jeunes installés et chefs de clinique), livre son point de vue.
Une réforme encore floue
« Nous restons attentifs aux propositions qui seront faites pour changer le système de retraite des médecins », affirme Laure Dominjon, Présidente de ReAGJIR. « Pour le moment peu d’éléments concrets ont été donnés et nous sommes surpris qu’aucune structure représentant les jeunes médecins n’ait été consultée par la CARMF 1CARMF : Caisse Autonome de Retraite des Médecins de France et le gouvernement. Mais il est encore temps puisque les négociations reprennent et nous voulons participer à cette réflexion qui nous concerne tous ! Le système de retraite des médecins est particulier et son intégration dans un système universel doit être faite avec précaution. » ReAGJIR attend aussi de voir quelle caisse de retraite assurera la gouvernance du système.
La réforme contient quelques informations restant malheureusement peu précises comme l’universalisation du régime, ce qui implique à la fois : une seule caisse contre 42 existantes aujourd’hui et donc la suppression de la gouvernance de la CARMF pour la gestion des retraites, la systématisation du régime à points pour tous, le fait qu’1€ cotisé vaudra le même nombre de points quel que soit le statut professionnel et que chaque jour travaillé ouvrira des droits à la retraite, ainsi que la modification des taux cotisations en fonction des revenus. En contrepartie de la hausse des cotisations retraites, les médecins libéraux devraient cotiser à taux réduit pour la CSG 2CSG : Contribution Sociale Généralisée.
« ReAGJIR est attaché à un système de retraite par répartition et portera une attention particulière au traitement des faibles revenus – qui sont actuellement lésés – aux trimestres de grossesse et aux activités intermittentes avec les remplaçants, ou mixtes avec les libéraux et salariés. De nombreux points restent à éclaircir et font débat : pérennité de la prise en charge par l’Assurance Maladie de certaines cotisations retraites pour les professionnels de santé conventionnés (ASV 3ASV : Allocation Supplémentaire Vieillesse) ? La hausse ou la diminution des cotisations ? Si diminution cela voudra dire réduction des pensions ? Valeur et fluctuation de la valeur du point ? Etc. »
Dr. Laure Dominjon, présidente de ReAGJIR
Une partie des remplaçants encore sur la touche
« En attendant, nous sommes toujours en attente de clarification concernant l’adhésion à la CARMF des remplaçants non thésés. En effet, leur adhésion à la CARMF deviendra obligatoire dès le 1er janvier 2020 et plusieurs points restent en suspens », explique le Dr. Barbara Trailin, Vice Présidente de ReAGJIR.
« Un nouveau dispositif dit social simplifié a été proposé mais il ne répond pas à la problématique de la majorité des remplaçants non thésés. Ce nouveau dispositif aide les remplaçants très ponctuels, pas ceux qui travaillent à temps plein ou presque. Pour ces derniers, les cotisations sont élevées et nous avions demandé à ce qu’elles soient modulées. Nous attendons de savoir si les échéances ou les montants seront revus, et comment, en espérant que la situation de ces remplaçants non thésés qui contribuent à la permanence des soins soit bien comprise par les décideurs. »
Dr. Barbara Trailin, vice-présidente de ReAGJIR
Notes et références
- 1CARMF : Caisse Autonome de Retraite des Médecins de France
- 2CSG : Contribution Sociale Généralisée
- 3ASV : Allocation Supplémentaire Vieillesse

